mhm ... commençons par le commencement : le CCED et ses origines

mhm ... commençons par le commencement  : le CCED et ses origines

*

*

*

Comme chaque sect...heu...club qui se respecte, le CCED possède lui aussi son Gouro... heu ... responsable ^^, incarné en la persone (mortelle) de Claire mais en l'esprit immortel de la déesse azthèque de la (une ...oui, ne m'en demandez pas plus sur ce sujet très pointitilleux (je l'avoue) de la mythologie, je poursuis grâce à notre grand gourou un stage de mise à niveau ... -_-'...
(reprenons où nous en étions arrivés avant cette digression ...)
Notre cher Gourou est plus famillièrement connue sous le pseudonyme de Claire de Lune (vous trouverez cher lecteur aisement le pourquoi du comment ...) permettez moi au passage de vous faire noter une remarque étymoloqique : lune - lunatique (mouhahaha)
Il convient néanmoins que je le rapelle (même si je le signale pour la première fois -_-') que cette dénomination est réservée à l'ultramembrage et aux membres de longue date
(Clara ta place dans la hiérarchie te voue donc malheureusement pour toi à une adoration perpétuelle et éternelle de notre Gourou ... lol )
(revenons à nos propos... )
Outre un style très personnel de manier le plume (ou plutôt de poser ces doigts délicats de manière frénétique et incontrôlable sur le clavier) que l'on peut notamment aprécier sur son blog et tout au long de celui-ci ..., notre cher gourou et responsable se consacre à la photographie (nuit et jour) ( cf. photo), monte régulièrement sur les planches (et les trapèzes , c'est plus fort qu'elle)...se nourri quasi-exclusivement de pain de mie (fourni par wam) et de glaces (même en hiver!), elle n'a aucune limite et ne connait pas d'heure pour dormir (mathématiques à minuit, MSN jusqu'à 2h ..voire même plus) ... Comme tu peux le constater cher lecteur (je te tutoie maintant que tu a passé cette première épreuve d'adhésion qui consiste à lire cet article entièrement..enfin presque) ^^' ... notre cher gourou se voue corps et âme à notre cause qui est aussi la sienne (laquelle ... un peu de patience) :
ceci est son corps , ceci est son sang : le CCED est tout, le CCED est Elle !

Mais me dirra tu ..lecteur ..
oui mais !
à part adorer une idole que font les membres du CCED ?
et
C koa C histoire d'ultramembrage ...?!
(incrédule)
...
un peu de patience je dis un peu de patience ...

Tout d'abord mettre les choses au clair ( aha... oh..mais faite moi taire !) : le CCED n'est pas et ne sera jamais une agence matrimoniale....
(ah bon? ... oui! ... merdeeuhhh ... il est encore temps de sortir pour les irréductibles qui avaient encore cette espérance)
...
il s'agit d'une sect ... heu un club très sérieux (pas encore prouvé) au sein duquel les membres passent le temps en expérimentant de nombreuses activités (scrabble, brainstorming, peinture sur T-shirt ... tricot ... twister ... avis aux propositions) afin de ne pas penser au célibat ...

Les postes proposés au sein du Club sont variés et varient surtout en fonction de l'inspiration et du bon vouloir de notre cher gourou oh combien vénérable ... (pensons à notre constante de proportionnalité !!) nous avons ainsi notre cuisinier, une chaudière, une esclave ... (pardon à tt ceux que je n'ai pas mentionné ou qui n'ont pas encore de statut)!
vous aurrez chacun un article ... et nous publirons la liste des membres ainsi que la hiérachie complète après un recenssement (qui ne tardera guère...)
les formulaires d'inscriptions sont à demander à mon adresse ... un peu de patience, il faut que nous ultramembres (assistants personels du gourou, assistée de la vie ( je rigole Claire)) et gourou rédigions ces modalités d'inscription, pointilleuses mais nécessaires ... 9-)

*

*

*

place au grand gourou ...à l'origine même du savoir :

# Posté le mercredi 01 mars 2006 16:51

Modifié le lundi 16 juillet 2007 20:10

Notre Ultramembre n°1 : Julie

Notre Ultramembre n°1 : Julie

.
.

.
.

.
.



Evidemment, en tant qu'ultramembre n°1, Julie est d'essence divine, et l'on comprendrai aisément que, tout comme Mahomet chez certains, ou Jesus chez d'autres, toute représentation de sa personne serait incompatible avec son essence propre.

Néanmoins, nous exhibons sa nuque et ses cheveux ! Horreur! Blaspheme!
Oh douce Humanité, je t'éduquerai...
Il y a exception pour les cheveux et la nuque! Etrangement. Heureusement.

La question de l'image étant traitée, il convient désormais de s'interesser a Julie.
Sa qualité d'Ultramembre lui confere le bonheur d'offrir du pain de mie a son Gou.. euh responsable adulé.. et possède un trapeze tueur!

Disons que ses activités préferées sont les trajets Metz-Remilly en train a travers la campagne mosellane, épurée, somptueuse, magique, magnifique... Même les ophiolites ne peuvent rivaliser avec la splendeur de l'horizon embrasé par les yeux de Julie : ne suffit il pas que son regard effleure le vil pour lui offrir une parcelle divine?
Julie posséde cette qualité, ce don de sublimer depuis qu'elle a pu, au cours d'une expérience métaphysique que l'on gardera secrete, rencontrer le regard innomable du Gou.. euh responsable! c'est tout simplement magnifique!

Sinon, Julie admet avoir une liaison torride avec Jacques.. en tant que " réincarnation de Bergson" c'est une chose naturelle.. et j'accelere, et j'accelere le monde tourne, vite.. Fukuyamaha s'était trompé, nous ne sommes pas a la fin de l'Histoire. J'accelere encore: le flot de paroles emporte Julie dans un tourbillon sensationnel, il n'y a pas de moi, nous sommes un receuil de perception, le monde est un réseau indicible, siège du CCED, les ramifications penetrent toute chose, le CCEd est tout! le CCED est BeAu! IL ets GRAND! IL EST MOI.

Merci.


il est 03 h 46: le lecteur compatira, et comprendra.. pour l'heure tardive..

# Posté le mercredi 01 mars 2006 17:54

Modifié le lundi 16 juillet 2007 20:10

Claire.

Claire.
Notre ultramembre numero 1,Julie,ayant deja fait un récapulatif complet de de sucroit très pertinent sur le CCED,ses motivations,ses revendications et sa politique de recrutement,je vais tacher d'être plus exhaustif au sujet de notre dirigeante. Et oui,un article de plus sur notre vénéré gouro...euh responsable,encore un oui...mais pas un parmi tant d autre,je l"espere. Claire,sa taille svelte,son gout immodéré pour les glaces (avec un cornet,s il vous plait!). Claire et sa légendaire maladresse,sauf lorsqu elle approche un piano.Claire,et sa passion nouvelles pour les langues etrangeres (appliquées) et la physique ,sa soif de savoir,le coeur qu elle met a l ouvrage,et la rapidité avec laquelle elle acquiert une maitrise palpable et delicieuse de sujets jusqu a la inconnus.
Claire,la meilleure amie des libraires. Claire,lunatique,à manipuler avec des pincettes. Et surtout,Claire,l'eternelle reveuse,desesperement lyrique.


Enfin,il est ephemere de vouloir utiliser des mots pour décrire ce que les mots ne peuvent décrire,elle est nous, nous vivons a travers elle, elle est l'essence divine (non,il n'y a absolument aucune trace de fanatisme,ni rien de sectaire dans cette phrase). Et c est sous le joug de cette douce tyranie que nous autres,membres,de quelque horizon que nous soyons : aussi bien l'ultramembre que la chaudiere,aussi bien le cuisinier que le troubadour, trouvons notre bonheur,nous sentons utiles. Elle manie avec virtuosité nos ames égarées, guide nos pas dans ce monde semé d embuches, afin de tous nous reunir en une entité magnifique (wunderbar,piekne), et parachever ainsi son oeuvre divine. Le CCED s'étend a travers la planete, toute resistance
est inutile.

Magnifique photo,un instant de communion entre un gourou et un piano,volé par une personne proche.
Admirez donc,l'artiste a l'oeuvre,qui fait naitre d'un piano médiocre de somptueuses mélodies.
Et,admirez donc,cette magnifique jupe,qui tourne et qui tourne.


"Tout ce que je dis la d elle n est que du verbiage,de pitoyables abstractions qui ne rendent pas un seul de ses traits. "Goethe.

# Posté le dimanche 05 mars 2006 07:33

Modifié le mardi 17 juillet 2007 01:37

Nous affons les moyen de ffou faire pârler !

Nous affons les moyen de ffou faire pârler !

*

*

*


Mhm, personne encore n'a eu le courage de me contacter ... vous fais-je peur ?? ^^,

Je réitère ma démarche, il est nécessaire (mais pas suffisant .... haha) de passer via un courrier envoyé au CCED (par l'intermédiaire de mon adresse) pour être promu membre du CCED . En effet par la magie de la technologie je pourrai vous envoyer le document d'inscription (sous la forme d'un questionnnaire...précis et consis ! (heuu à vérifier) (ou con aussi ... trève de plaisanteries hasardeuses qui sont quelque part ma signature avec les fautes de frappe : nobody's perfect ! I'm Nobody !! héhé ...bon ça va ... j'ai compris ... j'me tais...)

Alors voici quelques petites nouvelles :
Le CCED a son hymne ! oui, mais ...
le CCED recherche un logo, un slogan , des membres, des activités, un lieu de réunion ...des dates de réunion ... votre aide pourrait nous être bénéfique ... pour cela laissez des commentaires !!!

proposition de vince : interview sur le blog du (de la) célibataire de la semaine ... votre candidature est à déposer toujours à la même adresse, immaginez un peu ... La rencontre en exclusivité avec Le Grand Gourou !!! et pourquoi pas pour les plus rapides
...
partager une glace avec Elle !!!
N'hésitez plus !!! Le CCED vous ouvre ses portes !

# Posté le mardi 07 mars 2006 15:08

Modifié le lundi 16 juillet 2007 20:10

Ksiaze, notre ultramembre masulin n°3 : c'est Newton!

  Ksiaze, notre ultramembre masulin n°3 : c'est Newton!
.
.

.
.

.
.



Article en préparation , officiellement ( parceque en fait officieusement la photo pourrait parfaitement se suffire a elle même, et parceque la fin de l'Histoire m'attend, ainsi que Sylvie :s)


Donc, face aux pressions constantes du cruel, me voici littéralement obligée de pervertir mon ame pure, prostituer ma prose exemplaire sur ces pages ingrates, qui, loin de celebrer ma gloire, celebrent l'absence évidente de toute lueur visionnaire de la population ingrate.

Vous ne voulez pas vous inscrire? Tan pis. J'existe sans vous, et Je peux légitimer mes propos même si la nécéssité ne se fait pas cruellement ressentir, telle la gazelle qui s'élance en saut en hauteur ( Julie, je pense que tu peux assurer en fussbery ) mon âme immortelle s'elevera au dessus de vous, et vous tous, chers membres, embrasés par cette gloire séculaire, vous tous, chers enfants savants m'accompagnerez.. nous surplomberont la Terre, "couverte de grains de sable comme le rivage de la mer, la race humaine sera anéantie, en proie a des douleurs terribles! Quel spectacle! Moi, avec des ailes d'ange immobile dans les airs pour le contempler" (Lautréamont).

Tan pis, skyblog est un traite, il fait le mur d'argent et a trompé la France, il a effacé mon article et m'oblige a sacrifier mon voyage dans le monde fantastique des complexes peuplé de créatures imaginaires sur l'autel de la passion pour Sigmund et le CCED, a exhumer toute chance prosélytique de la soirée. Tan pis, je le décide aussi, être immatériel, et universel je choisis d'approcher la basesse , écoeurée . J'ornais jadis Cybele , j'honore Thetys, et face a l'évident manque de vocabulaire des membres, je décide de consacrer mes vendredis, qui sacraient jadis un pessimisme noir, aux cours de vocabulaire, et justement au sujet du prosélytisme, argument d'autorité, je suis a peu près sure que le monde entier brûle de connaitre la définition fantastique qui a été offerte a Sigmund et son ami Alain, définition de 1829: exemplaire. Donc des cours de vocabulaire tout d'abord Francais, puis allemand pour les plus téméraires, et peut être, oui, je pourrais , il pourrait effectivement peut être voir se profiler la chance, lointaine, elle a brillé fugitivement, vous a éblouis, donc la possibilité unique, principalement pour les ultramembres de découvrir mon propre dictionnaire, et connaitre les pierres oubliés en enfer, dans une copie.Le CCED possède aussi cette caractéristique extraordinaire d'offrir une sorte de dignité a ses membres, grpace justement a la proximité du gourou, oui , les hommes sont reconnus en tant qu'être humains, par leur capacité a adherer (adorer? ) au CCED,.. mais qui critique? Mais qui êtes vous pour contrer la parole de Hegel et Fukuyama, choses viles et ingrates!?

Donc, mon ultramembre numéro 3, aux médisants qui se chargent déja, rapaces et charognards indignes, de piller les pierres séculaires de ce grand édifice qui semble ébranlé par la nouvelle de magnitude 48, je dirais que nous entretenons une relation de pur travail, c'est évident et testons actuellement la possibilité de la création d'une nouvelle caste, reservée expréssément aux membres étoilés.

Ainsi l'enfant capricieuse du pyjama a trouvé Richard, troubadour bouclé, admirable et oh combien complaisant de surcroit : c'est Newton!

David, ou la rage de soutenir que tout est au mieux, sorte de Pangloss polonais devant qui se dressent les Rues de metz a Paris, les vestiges des lapins écrasés et du surbrossage. Rien ne changera son monde, le monde est le CCED, le monde est grand, le CCED est beau,le CCED s'infiltre en nous, fleuve impétueux et fougueux, tel un poison salvateur qui liberera l'homme de sa condition vile, qui lui apportera la joie et l'allégresse de la conaissance des blagues d'intégration de 1/x, qui saura danser même dans |R, qui connaitra les vertiges des courses effreinées dans le conservatoire, la joie inégalée du café pur et des Walkyries.



So, jetzt können wir an dem goldenen Kelsch des Wissens trinken :


O mathématiques sévères, je ne vous ai pas oubliées, depuis que vos savantes leçons, plus douces que le miel, filtrèrent dans mon coeur, comme une onde rafraîchissante. J'aspirais instinctivement, dès le berceau, à boire à votre source, plus ancienne que le soleil, et je continue encore de fouler le parvis sacré de votre temple solennel, moi, le plus fidèle de vos initiés. Il y avait du vague dans mon esprit, un je ne sais quoi épais comme de la fumée; mais, je sus franchir religieusement les degrés qui mènent à votre autel, et vous avez chassé ce voile obscur, comme le vent chasse le damier. Vous avez mis, à la place, une froideur excessive, une prudence consommée et une logique implacable. A l'aide de votre lait fortifiant, mon intelligence s'est rapidement développée, et a pris des proportions immenses, au milieu de cette clarté ravissante dont vous faites présent, avec prodigalité, à ceux qui vous aiment d'un sincère amour. Arithmétique! algèbre! géométrie! trinité grandiose! triangle lumineux! Celui qui ne vous a pas connues est un insensé! Il mériterait l'épreuve des plus grands supplices; car, il y a du mépris aveugle dans son insouciance ignorante; mais, celui qui vous connaît et vous apprécie ne veut plus rien des biens de la terre; se contente de vos jouissances magiques; et, porté sur vos ailes sombres, ne désire plus que de s'élever, d'un vol léger, en construisant une hélice ascendante, vers la voûte sphérique des cieux. La terre ne lui montre que des illusions et des fantasmagories morales; mais vous, ô mathématiques concises, par l'enchaînement rigoureux de vos propositions tenaces et la constance de vos lois de fer, vous faites luire, aux yeux éblouis, un reflet puissant de cette vérité suprême dont on remarque l'empreinte dans l'ordre de l'univers. Mais, l'ordre qui vous entoure, représenté surtout par la régularité parfaite du carré, l'ami de Pythagore, est encore plus grand; car, le Tout-Puissant s'est révélé complétement, lui et ses attributs, dans ce travail mémorable qui consista à faire sortir, des entrailles du chaos, vos trésors de théorèmes et vos magnifiques splendeurs. Aux époques antiques et dans les temps modernes, plus d'une grande imagination humaine vit son génie, épouvanté, à la contemplation de vos figures symboliques tracées sur le papier brûlant, comme autant de signes mystérieux, vivants d'une haleine latente, que ne comprend pas le vulgaire profane et qui n'étaient que la révélation éclatante d'axiomes et d'hyéroglyphes éternels, qui ont existé avant l'univers et qui se maintiendront après lui. Elle se demande, penchée vers le précipice d'un point d'interrogation fatal, comment se fait-il que les mathématiques contiennent tant d'imposante grandeur et tant de vérité incontestable, tandis que, si elle les compare à l'homme, elle ne trouve en ce dernier que faux orgueil et mensonge. Alors, cet esprit supérieur, attristé, auquel la familiarité noble de vos conseils fait sentir davantage la petitesse de l'humanité et son incomparable folie, plonge sa tête, blanchie, sur une main décharnée et reste absorbé dans des méditations surnaturelles. Il incline ses genoux devant vous, et sa vénération rend hommage à votre visage divin, comme à la propre image du Tout-Puissant. Pendant mon enfance, vous m'apparûtes, une nuit de mai, aux rayons de la lune, sur une prairie verdoyante, aux bords d'un ruisseau limpide, toutes les trois égales en grâce et en pudeur, toutes les trois pleines de majesté comme des reines. Vous fîtes quelques pas vers moi, avec votre longue robe, flottante comme une vapeur, et vous m'attirâtes vers vos fières mamelles, comme un fils béni. Alors, j'accourus avec empressement, mes mains crispées sur votre blanche gorge. Je me suis nourri, avec reconnaissance, de votre manne féconde, et j'ai senti que l'humanité grandissait en moi, et devenait meilleure. Depuis ce temps, ô déesses rivales, je ne vous ai pas abandonnées. Depuis ce temps, que de projets énergiques, que de sympathies, que je croyais avoir gravées sur les pages de mon coeur, comme sur du marbre, n'ont-elles pas effacé lentement, de ma raison désabusée, leurs lignes configuratives, comme l'aube naissante efface les ombres de la nuit! Depuis ce temps, j'ai vu la mort, dans l'intention, visible à l'oeil nu, de peupler les tombeaux, ravager les champs de bataille, engraissés par le sang humain et faire pousser des fleurs matinales par-dessus les funèbres ossements. Depuis ce temps, j'ai assisté aux révolutions de notre globe; les tremblements de terre, les volcans, avec leur lave embrasée, le simoun du désert et les naufrages de la tempête ont eu ma présence pour spectateur impassible. Depuis ce temps, j'ai vu plusieurs générations humaines élever, le matin, ses ailes et ses yeux, vers l'espace, avec la joie inexpériente de la chrysalide qui salue sa dernière métamorphose, et mourir, le soir, avant le coucher du soleil, la tête courbée, comme des fleurs fanées que balance le sifflement plaintif du vent. Mais, vous, vous restez toujours les mêmes. Aucun changement, aucun air empesté n'effleure les rocs escarpés et les vallées immenses de votre identité. Vos pyramides modestes dureront davantage que les pyramides d'Égypte, fourmilières élevées par la stupidité et l'esclavage. La fin des siècles verra encore, debout sur les ruines des temps, vos chiffres cabalistiques, vos équations laconiques et vos lignes sculpturales siéger à la droite vengeresse du Tout-Puissant, tandis que les étoiles s'enfonceront, avec désespoir, comme des trombes, dans l'éternité d'une nuit horrible et universelle, et que l'humanité, grimaçante, songera à faire ses comptes avec le jugement dernier. Merci, pour les services innombrables que vous m'avez rendus. Merci, pour les qualités étrangères dont vous avez enrichi mon intelligence. Sans vous, dans ma lutte contre l'homme, j'aurai peut-être été vaincu. Sans vous, il m'aurait fait rouler dans le sable et embrasser la poussière de ses pieds. Sans vous, avec une griffe perfide, il aurait labouré ma chair et mes os. Mais, je me suis tenu sur mes gardes, comme un athlète expérimenté. Vous me donnâtes la froideur qui surgit de vos conceptions sublimes, exemptes de passion. Je m'en servis pour rejeter avec dédain les jouissances éphémères de mon court voyage et pour renvoyer de ma porte les offres sympathiques, mais trompeuses, de mes semblables. Vous me donnâtes la prudence opiniâtre qu'on déchiffre à chaque pas dans vos méthodes admirables de l'analyse, de la synthèse et de la déduction. Je m'en servis pour dérouter les ruses pernicieuses de mon ennemi mortel, pour l'attaquer, à mon tour, avec adresse, et plonger, dans les viscères de l'homme, un poignard aigu qui restera à jamais enfoncé dans son corps; car, c'est une blessure dont il ne se relèvera pas. Vous me donnâtes la logique, qui est comme l'âme elle-même de vos enseignements, pleins de sagesse; avec ses syllogimes, dont le labyrinthe compliqué n'en est que plus compréhensible, mon intelligence sentit s'accroître du double ses forces audacieuses. A l'aide de cet auxiliaire terrible, je découvris, dans l'humanité, en nageant vers les bas-fonds, en face de l'écueil de la haine, la méchanceté noire et hideuse, qui croupissait au milieu de miasmes délétères, en s'admirant le nombril. Le premier, je découvris, dans les ténèbres de ses entrailles, ce vice néfaste, le mal! supérieur en lui au bien. Avec cette arme empoisonnée que vous me prêtâtes, je fis descendre, de son piédestal, construit par la lâcheté de l'homme, le Créateur lui-même! Il grinça des dents et subit cette injure ignominieuse; car, il avait pour adversaire quelqu'un de plus fort que lui. Mais, je le laisserai de côté, comme un paquet de ficelles, afin d'abaisser mon vol... Le penseur Descartes faisait, une fois, cette réflexion que rien de solide n'avait été bâti sur vous. C'était une manière ingénieuse de faire comprendre que le premier venu ne pouvait pas sur le coup découvrir votre valeur inestimable. En effet, quoi de plus solide que les trois qualités principales déjà nommées qui s'élèvent, entrelacées comme une couronne unique, sur le sommet auguste de votre architecture colossale? Monument qui grandit sans cesse de découvertes quotidiennes, dans vos mines de diamant, et d'explorations scientifiques, dans vos superbes domaines. O mathématiques saintes, puissiez-vous, par votre commerce perpétuel, consoler le reste de mes jours de la méchanceté de l'homme et de l'injustice du Grand-Tout!

Chants de Maldoror - Lautréamont CHANT 2



# Posté le mercredi 08 mars 2006 08:19

Modifié le lundi 16 juillet 2007 20:11